Des contes en partage

Échanges et correspondances entre écoles de France et de Madagascar, autour des contes traditionnels

jeudi 21 juin 2018

Lettre des écoliers d'Antohomadinika à ceux d'Orly

Bonjour à vous, enfants d'Orly !


Nous avons reçu la visite de Johary et Sophie, avec leurs enfants Félix et Zoé, en pleine saison des pluies : ils ont eu bien chaud, mais n'ont pas été trop mouillés ! Heureusement il n'y a pas eu d'inondations dans notre quartier.
On a raconté des histoires le premier jour de l'atelier, le lundi.
Njara a raconté « Randriatsira si Ranoro », Maîtresse Zoly a raconté « Lesambilo », Veronika a dit «  Razamba », Nambinina a raconté « Rapeto », Jennika a raconté « Ikotofetsy sy Imaka » et Johary a raconté une version plus longue de « Rapeto ».


Quand on a voté, c'est l'histoire de Rapeto qui l'a emporté très largement. Johary a expliqué que vous avez choisi de travailler sur Gargantua, un géant gaulois, c'est donc bien que nous aussi on travaille sur un géant de chez nous.


Le reste de la semaine, on a travaillé sur l'illustration de Rapeto, avec l'art Gond et l'art Warli pour modèles, que Sophie nous a expliqué. 



Ils nous ont parlé de vous, on a bien reçu votre courrier et on vous en remercie. Les photos que vous avez envoyées par contre ne vous représentaient pas. On s'est reconnus dedans : en fait, c'était nos propres photos sur notre site web que vous avez reproduites et que vous nous avez envoyées !


Nous allons essayer de répondre à vos questions.

Notre journée :
On se lève vers 5 heures. On va puiser l'eau, se laver, faire la vaisselle du soir, s'habiller, puis on mange (quelque chose comme : riz, riz aux brèdes, kitoza (filet de zébu fumé), manioc, mofo gasy, mofo baolina, mofo grefy, makasaoka, mokary, banane, pain ). Ensuite on se brosse les dents et on rentre à l'école si c'est une semaine de classe du matin.

A l'école, une semaine sur deux, la classe se fait le matin : de 6h30 à 12h15.
Sinon, l'après-midi : de 12h30 à 18h.

A l'école, on apprend : calcul, conjugaison, connaissances usuelles, vocabulaire, grammaire, histoire, français, géographie et malagasy. On travaille avec des livres, cahiers, stylos, crayons, tableau, craie, chiffon, seau, balai. Il n'y a pas de décoration dans la classe.

A la récré, on joue au ballon, du foot surtout, mais aussi rugby, basket. On raconte des histoires avec des cailloux, on joue aux osselets, billes, corde à sauter, marelle, élastique.

Il n'y a pas de cantine à l'école mais on mange au centre.
Au Centre Mères-Enfants, nous déjeunons et faisons des activités l'autre partie de la journée sans classe.

Au déjeuner, on mange toujours du riz avec un plat différent : potiron et viande hachée, haricots, poulet, omelettes, pommes de terre et sardines, pâtes et saucisses, misao. Puis des fruits, bananes, pommes, letchis, ananas, mangues.

Après manger, on peut faire la sieste, sinon on fait études de 13 à 15h.

Quand on rentre à la maison après 17h, ou les jours sans école, on participe au ménage : laver le linge, la vaisselle, garder les plus petits, et préparer les repas. Les filles lavent le linge et les gars coupent le bois. On aide aussi les parents dans leurs activités : tenir la boutique, faire des crochets, réparer les voitures, ramasser des produits à recycler et fabriquer des jouets

Le soir, on mange plus ou moins pareil que midi sauf que le riz est cuit en soussou, vers 19h.
Ensuite on apprend les leçons et on fait les devoirs. On regarde un peu la télé (chez les voisins).


Veloma !



vendredi 13 avril 2018

Séraphin raconte pourquoi la mer est salée


Séraphin tient cette histoire de sa mère, qui est conteuse.
Il la partage avec nous à Ambodihintsina, sur les rives du lac Rasoamasay (Pangalanes), en février 2018.
Merci à Zoé pour la captation. Cette histoire sera publiée dans l'album "Katra !"

mercredi 4 avril 2018

Lettre d'Ambodihintsina

Bonjour à vous, écoliers d’Évreux !

Nous avons reçu la visite de Johary et Sophie, avec leurs enfants Félix et Zoé, en plein été : ils ont eu bien chaud, à cette saison, l'eau du lac est brûlante à midi ! Quand l'école est finie, après 13h00, les zébus viennent profiter de l'ombre du préau.
On a raconté des histoires le premier jour de l'atelier, le lundi. Comme on est tous un peu timides, on s'est groupés par trois pour soutenir le conteur.


Jenny a raconté "Vady malele" : la femme qui se gratte, Clarissa a raconté "misy olona telo lahy" : trois gars qui cherchent des épouses, Seraphin dit "Lasser" a raconté "Katra", Johary a raconté "Darafify" et Félix a raconté "Takalo". On a travaillé les trois premières histoires en petits groupes, à l'écrit.


Quand on a voté, c'est l'histoire de Katra qui l'a emporté très largement. La mère de Seraphin, Razanazanahary Henriette, était conteuse autrefois, elle a voyagé partout dans l'île, et Seraphin a eu le temps d'entendre ses histoires.




Ce premier jour, après la pause déjeuner, Félix a eu envie de faire un grand chantier de tunnels dans le sable, au bord du lac. On s'y est tous mis, et les chiens du village ont vite apprécié la fraîcheur de nos trous.


Le reste de la semaine, on a travaillé sur l'illustration de Katra, avec l'art gond pour modèle, il paraît que vous connaissez, vous aussi.

Sophie et Johary nous ont appris la chanson de Takalo, et aussi celle de la Grenouille. On a imaginé d'autres strophes pour Takalo, avec tous les noms de robes de zébus qu'on connait ici.

Ils nous ont parlé de vous, on a bien reçu votre courrier et on vous en remercie. Tout a été distribué, et grâce à vos dessins, nos maisons sont décorées : on ne vous oublie pas.

On a aussi parlé des crocodiles, et des fleurs que l'on peut boire...

Nous allons essayer de répondre à vos questions, il y en a beaucoup.



Les animaux de chez nous :

Il y a des serpents, petits et grands. Les plus communs sont les "menarana", qui sortent après la pluie.

Dans le canal à côté, il y a des crocodiles, et parfois, la nuit, ils remontent jusqu'au village pour voler un poulet. Mais c'est rare de les voir.

Notre président, c'est Fredo, le président du Fokontany. Le Président de la République c'est Hery Rajaonarimampianina. Notre monnaie, c'est l'Ariary.

Nos maisons sont en ravimpotsy, en feuilles de ravinala, et les toits sont parfois en tôle.

Ils n'y a pas d'objets électriques car il n'y a pas l'électricité dans le village. Le frigo de la boutique fonctionne avec des panneaux solaires.

Il ne neige jamais, mais nous avons des sapins.

Et aussi des : eucalyptus, coton, hasina, letchi, ampalibe, ravenala, acacia, hintsy (qui donne le nom au village, il y en a un gros derrière l'école), zaty, paokanely, anzavidy, manguier, grevillea, papayer, cocotier, oranger, palmier à huile.

Il n'y a pas de route, donc pas d'auto, mais beaucoup de pirogues !

Nos animaux de compagnie sont les chiens et chats.

Notre journée :


On se lève entre 4 et 5 heures. On va puiser l'eau, se laver dans le lac, faire la vaisselle du soir, s'habiller, puis on mange (quelque chose comme : riz, manioc, fruit à pain, maïs, banane, pain fait dans la marmite, pain trois couleurs, avec du jus). Ensuite on se brosse les dents et on rentre à l'école à 8h30.


A l'école, on apprend : calcul, conjuguaison, connaissances usuelles, vocabulaire, grammaire, histoire, français, géographie et malagasy. On travaille avec des livres, cahiers, stylos, crayons, tableau, craie, chiffon, seau, balai. Il n'y a pas de décoration dans la classe.


Il n'y a pas de cantine.

A la récré, on joue au ballon, on raconte des histoires avec des cailloux, on joue aux osselets, billes, corde à sauter, marelle, élastique.

Et ça dure jusqu'à 13h du lundi au vendredi, avec deux récrés dans la matinée.

Au déjeuner, on mange : riz, poisson, banane, eau du riz, cochon, zébu, volaille, lait de vache, lait de coco, haricots.

Les jours de fêtes, on a du ronakoa (bouillon de poule), du zébu, de l'oie, du gros canard, du dindon.

Pour le 26 juin, Pâques, et le nouvel an, on cotise et on tue un zébu. On fête aussi le famadihana, le retournement des morts.

On ne mange pas de sanglier et on ne peut pas laver un cochon dans le lac car la reine Rasoamasay ne le supporte pas. On ne mange pas de serpent non plus. Dans le lac, il y a aussi des anguilles.


Après manger, on peut faire la sieste, ou aller jouer dans la forêt.

Seraphin et Clarisse aident leurs parents charbonniers, ou dans les rizières. Mardi et jeudi, on ne travaille pas dans la forêt ni dans les champs. On peut couper des arbres pour faire des poteaux carrés vendus à Tamatave, ou du ravenala pour les toits des maisons. Les pêcheurs sortent tous les jours.

Tous les élèves savent ramer sur une pirogue, et réparer les filets, prendre les poissons à la nasse, couper du petit bois, et préparer les repas. Les filles lavent le linge et les gars coupent le bois.


Le soir, on mange pareil, vers 19h. Ensuite on apprend les leçons et on joue aux devinettes. Les soirs de clair de lune, on peut entendre des histoires avec les parents.

On est tous déjà allés à Tamatave, mais jamais à Tana.

Veloma !


















mardi 20 février 2018

Les lettres d'Evreux sont arrivées !

Le voyage se prépare, et les lettres se multiplient. Voici le courrier rédigé par les écoliers de Romain Rolland, dans le quartier de La Madeleine, à destination des élèves d'Ambodinhintsina.








Et grâce à leur institutrice Marine, on peut les entendre chanter la fameuse chanson de Takalo,
c'est ici.

lundi 20 novembre 2017

Le Loup blanc à Evreux

Bonjour à vous, sur les Pangalanes.
Nous avons travaillé sur un conte normand peu connu : Le Loup Blanc.
En attendant le livre, voici l'exposition présentée lors du salon du livre... il faut deviner l'histoire !








lundi 3 juillet 2017

Le boeuf de la mer : images de Tuléar

Voici le bœuf de la mer, conte écrit et illustré à Tuléar par des écoliers de 5 à 10 ans, avec l'aide de Ben Arès et Daniel Ramana. Merci !



lundi 12 juin 2017

Une école au sommet

Les écoliers de Petite ferme ont bien de la chance. Voici une photo de leur environnement...


vendredi 2 juin 2017

La légende de la vierge noire

Les écoliers de Petite ferme nous envoient cette histoire :

Nous allons vous raconter la légende de la Vierge Noire : cette histoire se passe à l' île de la Réunion, dans la ville de Sainte-Marie, à l'époque où les hommes et les femme noirs étaient esclaves.
Mario est un jeune esclave qui s'est enfui de chez son maître car il le maltraitait.
Il essaie de se cacher dans la forêt, mais un jour, des chasseurs le repèrent et le reconnaissent.
Mario est obligé de s'enfuir à nouveau. Comme il est tard, les chasseurs décident de rentrer prévenir le maître et d'appeler d'autres chasseurs pour retrouver l'ancien esclave.

Mario pense alors qu'on l'a oublié :comme il est très croyant, il remercie la petite statuette de la Vierge Noire qu'un homme blanc lui avait offerte quand il était encore petit et qu'il garde toujours avec lui.

Mais un jour, les chasseurs retrouvent Mario qui s'était caché dans une grotte.
Au moment où les homme s’apprêtent à l'attraper, Mario se met à prier la Vierge Noire de lui venir en aide. Aussitôt, les branches du bougainvillier qui se trouvaient au-dessus de la grotte se mettent à pousser jusqu'à recouvrir l'entrée de la cachette. 

Malgré leurs efforts, les chasseurs ne parviennent pas à couper les branches et c'est ainsi que Mario resta à l'abri dans sa grotte et qu'il y mourut en homme libre.

Voilà la légende de la Vierge Noire.

vendredi 26 mai 2017

Du collège de Trois Mares à Tuléar

Voici la contribution d'Alice Grondin, élève de Mme Félix au collège de Trois Mares, merci à elle ! (Cliquez sur les images pour aficher le texte en grand)

lundi 22 mai 2017

Du Tampon (Petite plaine) à Tuléar


De Tuléar au Tampon

Les élèves de l'Alliance française et ceux du collège Etienne de Flacourt à Tuléar nous font partager leurs histoires. Merci à leur enseignant, Ben Arès, de faire le lien.

LE ZEBU DE LA MER

Les femmes ne peuvent traverser seules la grande forêt de Bevoay et attendent toujours que quelques hommes les accompagnent, lorsqu’elles se rendent au grand marché situé de l’autre côté, dans le village de Talaky, à Madagascar.
De puissants lémuriens habitent cette forêt, gris et blancs, souples comme des singes auxquels ils ressemblent. Toujours furieux de la présence des femmes, ils jacassent alors plus fort qu’elles, qui hâtent le pas en poussant de petits cris d’oiseaux pris au piège.
Ils ne sont pas plus méchants que cela les lémuriens de Bevoay. Toutefois ils ont les femmes en horreur. Les hommes n’ont de leur côté pas à subir de leurs attaques, sournoises et agaçantes.
À qui est la faute ?
Dans des temps fort reculés, des hommes se muèrent en lémuriens. L’un de ces hommes, nommé Itovo, le devint définitivement après des déboires matrimoniaux. Gambadant à travers la forêt, il fut très réputé pour l’aversion particulière qu’il portait aux femmes.
Dans sa période humaine, Itovo s’était uni avec une femme riche mais méchante. Un sorcier avait dû assister au mariage pour garantir le bonheur du couple par de nombreux ody ou amulettes, qu’Itovo porta à son cou. Mais le sorcier avait mis une interdiction, banale en soi : il ne devait pas toucher la louche de bois pour prendre le riz en même temps que sa femme sinon un grand malheur arriverait. Il n’en dit pas plus.
Le ménage ne devait rencontrer aucune difficulté. De nombreux mois s’écoulèrent dans un relatif bonheur.
Puis vinrent les premières scènes conjugales. Les disputes devinrent de plus en plus fréquentes. La femme avait visiblement un mauvais caractère. Elle humiliait volontiers Itovo qui gagnait peu d’argent. Ils ne continuaient pas moins à manger ensemble et Itovo conservait malgré tout son bon appétit. Les paroles du sorcier semblaient alors envolées.
Un jour, sa femme lui reprocha durement sa goinfrerie coutumière. Il rétorqua qu’il avait bêché et semé toute la matinée un champ entier de maïs, sans prendre le moindre repos, ni même un voazavo, une sorte de melon d’eau, pour se désaltérer. Le ton s’éleva : Itovo, irrité après un dur labeur accompli, avait grand faim et il comptait l’assouvir. Séparés par la largeur de la natte, ils n’en vinrent pas aux mains, mais elle brandit la louche malencontreusement placée entre eux et le frappa au visage.
Il n’avait pas songé à cela le pauvre, qui vit la prédiction du sorcier s’accomplir. Le grand malheur prit forme sur Itovo qui se transforma peu à peu en lémurien, sortit par la porte basse, s’élança dans le kily ou le tamarinier voisin, puis gagna la forêt proche, heureux de sa nouvelle liberté. Il ne se retourna même pas. Sa femme n’en fit pas un drame. Elle ne versa aucune larme.
C’est depuis cette histoire que tous les lémuriens issus d’Itovo conservent une haine tenace envers les femelles humaines. Ils ne manquent d’ailleurs jamais de les poursuivre, de les pincer, chaque fois qu’elles s’aventurent dans la forêt.
Yrène et Safidy, 5ième et Nancy, 4ième du Collège Etienne de Flacourt, Toliara


Imaan et Tojo, 6ème
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