Des contes en partage

Échanges et correspondances entre écoles de France, de Madagascar et d'ailleurs, autour des contes traditionnels

jeudi 6 janvier 2022

Lettre des écoliers de Petit-Thialy, Thiès

 Bonjour à vous, élèves de Caen et de Cergy,

nous sommes les élèves de CM1A et CM1B de l’école Petit-Thialy et nous allons vous présenter notre école.

Le quartier de Petit-Thialy est un quartier de Thiès-Nord. Thiès est une ville importante du Sénégal. Elle était autrefois au centre du trafic ferroviaire et maintenant, c’est la grande ville la plus proche de l’aéroport international.

À l’heure de pointe, vers dix-huit heures, il y a beaucoup d’embouteillages sur les principales artères. Mais notre quartier n’étant pas goudronné, la circulation automobile est peu abondante. On voit plutôt passer des carrioles attelées à un âne ou un cheval.

 

Le quartier de Petit-Thialy s’est bâti en grande partie sur des zones humides, autrefois occupées par des rizières. Notre école a été construite au centre et nous en voyons aujourd’hui les conséquences. La nappe phréatique atteint le niveau du sol, et l’eau circule dans notre cour. Auparavant ce problème surgissait surtout en période de fortes pluies, jusqu’en septembre, mais cette année, l’eau ne s’est pas retirée et notre rentrée scolaire a dû être décalée à fin octobre.


On a tenté de petits aménagements : un fossé d’évacuation a été creusé tout autour de l’école, et du remblai latéritique a été déversé pour nous permettre d’accéder aux classes. Deux classes restent inaccessibles, et il est envisagé de déplacer l’école vers un autre terrain… mais la construction de bâtiments neufs demandera du temps et de l’argent. Pour le moment, on traverse la cour en franchissant les ruisseaux : C’est le Sénégal ! (c’est ce que dit Monsieur Sow, notre directeur, chaque matin en regardant les flaques)


 

Notre école compte plus de 700 élèves. Tous les maîtres sont fonctionnaires, et il y a en plus deux enseignantes de langue arabe. Le quartier de Petit-Thialy comprend aussi des écoles privées, catholiques et coraniques. Nous avons classe le matin de 8 à 13 heures, et aussi les après-midi du mardi et du jeudi.

La langue d’enseignement est le français. Dans la cour, nous parlons le plus souvent en wolof. Petit-Thialy était autrefois un quartier essentiellement séreer-noon. Aujourd’hui, il est habité par des gens venus de partout. Les familles séreer-noon sont encore là, mais dans l’école, on ne parle pas beaucoup cette langue. Elle est encore très pratiquée surtout dans les villages séreer-noon qui s’étendent au long de la route nationale vers Saint-Louis.

Sophie est venue travailler avec nous début novembre. Elle s’intéresse particulièrement à la langue séreer-noon, car c’est la langue des premiers habitants de Thiès, et elle est aujourd’hui menacée de disparition. Dans nos classes de CM1, neuf élèves appartiennent à des familles séreer-noon et ils ont collecté des contes pour nous les faire partager. Maîtresse Marie-Jeanne est elle-même d’une famille séreer-noon et elle a participé autrefois au programme d’alphabétisation dans cette langue. Elle va nous aider à écrire notre conte selon les règles.

 Innocence a raconté l’histoire de Coumba l’orpheline.

Marie-Jeanne a raconté l’histoire de Hyène et le bœuf.

Joseph a raconté l’histoire de Hyène et le troupeau de chèvres.


 Julie Thérèse a raconté l’histoire du marin qui veut voir sa fiancée Adèle.


 Innocence a raconté l’histoire de la petite têtue qui se prend pour une grande.


 Joseph a raconté l’histoire de l’hyène qui veut épouser la fille du lion.

On a discuté ensemble pour choisir le conte à illustrer et on a choisi l’histoire de Monsieur Hyène et le troupeau de chèvres. C’est un conte séreer-noon que Joseph tient de son père, René Ndiaye. Marie-Jeanne a transcrit l’histoire en s’appuyant sur ses manuels d’alphabétisation, et on a aussi fait la traduction en français.

 Durant le reste de la semaine, on a réalisé certaines illustrations du conte. Pour cela, on s’est inspiré des graphismes senoufo que Sophie avait apportés. 

On a notamment travaillé sur les arbres : le baobab, et le rônier, qui est un arbre très important pour nous.




  Il donne des fruits légèrement sucrés : les conis.
On utilise son tronc pour les charpentes.
On se sert de ses feuilles pour les toitures.
On fait des paniers avec les tiges.

Le baobab est aussi apprécié pour ses fruits, les pains de singe, qui donnent un jus délicieux, le bouye. On utilise ses feuilles pour des tisanes. 

 

Marie-Jeanne a rendu visite à sa famille au village, et elle a ramené des conis. Son frère tresse les tiges en paniers et sa belle-sœur récolte les feuilles du baobab qu’il faut débarrasser de la poussière.

Au Sénégal, on monte le drapeau sur le mât le lundi matin, et on le descend le vendredi, en chantant l’hymne national.


 

Monsieur Sow, le directeur, Marie-Jeanne Faye son adjointe, et deux collègues.


Sortie du vendredi.

 

C’est le week-end : certains d’entre nous en profitent pour suivre des cours de soutien.

 

Mais on aide aussi aux travaux de la maison : on lave les animaux domestiques (moutons, cochons), on les nourrit, on passe le balai, on s’occupe de la vaisselle et du linge.

Les familles catholiques vont à la messe.

On joue. On regarde la télé et on dispute des matchs de foot. On joue au « solgourtou » (balle au prisonnier) et au « hay » (jeux de mains pour les filles).

Le soir, on apprend les leçons.


On espère que cette lettre vous donnera envie de nous répondre, et que vous serez heureux de partager le conte de Monsieur Hyène avec nous.


À bientôt !




 


 


 

samedi 9 janvier 2021

Lettre des écoliers de Val-au-Perche

Bonjour les écoliers de Saint-Louis du Sénégal,


Nous avons travaillé avec Mary-des-ailes pour illustrer avec vous
le conte « L’arène royale » à la manière des Sénoufos. Nous avons
aussi fabriqué des masques !



Nous sommes ravis de faire connaissance avec vous. 

Nous sommes la classe de CM1 de l’école André Barbet. 

Elle se situe à Val-au-Perche, dans le département de l’Orne, en Normandie, au
Nord-Ouest de la France. Nos maîtresses s’appellent Mathilde Naudon et Pauline Le Mezo. Nous sommes 22 élèves dans la classe. Dans l’école, nous sommes 198 élèves.

Nous avons été ravis d’apprendre comment vous vivez et comment s’organise votre école. Nous allons aussi vous expliquer comment nous vivons.


Chez nous, l’école commence à 8h45, mais certains arrivent à partir de 7h20 en garderie. Elle se termine à 15h45, sauf le mercredi où nous n’allons pas à l’école l’après-midi. Après 15h45, le mardi et le vendredi, nous avons des activités : de la danse, du dessin, du sport, de la musique, du théâtre, de la couture, etc.. 

Le lundi et le jeudi, certains élèves ont soutien pour aider à mieux comprendre et mieux apprendre. 

Pour le déjeuner, de 11h45 à 13h30, certains mangent à la cantine et d’autres chez eux. Voici des exemples de ce que nous pouvons manger :
- des pâtes, des frites
- du pâté, des carottes râpées, de la salade, etc.
- du poisson poché, pané ou grillé
- du bœuf, du porc, du veau, du poulet, du mouton
- de la tartiflette, c’est un plat de fromage fondu avec des pommes
de terre et des lardons
- du fromage, des yaourts
- des gâteaux, des fruits- etc.


Nous portons un masque à l’école et dans les lieux publics à cause des mesures sanitaires car la France est touchée par le COVID 19. Est-ce que vous portez aussi un masque ? 

Nous vous souhaitons une bonne année 2021 et une bonne santé !! On espère que vous avez aimé découvrir notre vie en classe. On attend de vos nouvelles. 

Pourrait-on se voir en visioconférence ?

mardi 21 avril 2020

Lettre des écoliers de Saint-Louis du Sénégal

Bonjour aux écoliers de Normandie,

nous sommes les élèves de CM1 de l'école Notre-Dame-de-Lourdes, à Saint Louis du Sénégal. Notre école est située dans le quartier de Sor, juste à côté de l'église ND de Lourdes.


Sophie est venue travailler avec nous sur un projet de livre de conte, au début du mois de Mars.
Le premier jour, nous avons raconté toutes les histoires que nous connaissons, en français ou en wolof. Puis on a choisi celle qu'on allait illustrer.












On a choisi l'histoire de l'arène royale, et on a travaillé à partir des graphismes senoufo qu'on trouve sur les toiles de Korhogo. Sophie nous avait amené des modèles. Les Senoufo vivent entre la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso. Nous avons découvert leurs créations et on a essayé de faire aussi bien.



On vous parle un peu de nous, pour faire connaissance.
Abdoulaye Fall se lève à 4h pour aller à la mosquée. Il se lave, puis prie. A la maison, il change d'habits, il met la tenue de l'école. Khadi fait ses ablutions et prie à la maison. Puis elle prend son petit-déjeûner (du pain) et elle met sa tenue. Elle boit de l'eau bouillie. Elle arrive à l'école à 7h, tout le monde fait ça, pour ne pas être en retard.

A 8h00, l'école commence, et dure jusqu'à 13h. Il y a une récréation de 11h à 11h30. On joue au "hay" (battre des mains et des pieds), on mange du pain avec du thon ou avec des œufs, ou avec des pâtes. Les garçons jouent au foot.
A 13h, on rentre à la maison, on se lave les mains, on salue, on prie.

On mange du tieboudiène (riz, légumes, poisson) ou du riz avec poulet ou viande. On boit de l'eau du robinet et on fait la sieste. On apprend les leçons. On se lave et on met la tenue pour venir à l'école à 16h.


Après l'école, on se lave et on prie. Seuls deux garçons sont chrétiens dans la classe, les 42 autres sont musulmans. On enlève les tenues, on se repose, on apprend les leçons. Avant de manger, on prie encore à 19h et 20h. On prie cinq fois dans une journée.

Le week-end, Yohan va à la catéchèse à 9h puis à la messe à 9h30. Ndye va à l'école  coranique à 8h. Mamadou lave les moutons : puiser de l'eau, laver au savon, puis peigner. Sokhna va aux cours du soir de 1-h à 18h. Yohan promène ses deux chiens. Il a des pigeons, des lapins et des chiens. Amadou a aussi des chèvres et des canards. Mustapha a deux vaches. L'oncle de Sokhna a un cheval. Mamadou a un petit âne.


On espère que ça vous a plu de découvrir notre classe. Et on vous dit à bientôt !